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De l'autre côté du bar

  • Moderne Estonie

    A l'occasion d'un séminaire économique à Tallinn, la semaine dernière, un intervenant s'est penché sur la question de l'islam en Europe. Son intervention était une pure analyse sociologique, sans politique derrière. Et ce qu'il disait m'a paru très intéressant, car il tentait en fait de brosser un tableau de ce que serait l'islam en Europe à l'horizon 2025. Selon lui, si les schémas d’immigration actuels perdurent et si le taux de fécondité au-dessus de la moyenne des résidents musulmans se confirme, l’Europe de l’Ouest pourrait compter de 25 à 30 millions de musulmans à cette date. Les pays dont le nombre de musulmans va croissant enregistreront une mutation rapide de leur composition ethnique, en particulier autour des zones urbaines, ce qui compliquera leurs efforts d’assimilation et d’intégration. Les opportunités économiques seront certainement plus grandes dans les zones urbaines mais, sans accroissement des offres d’emplois, cette plus forte concentration pourrait déboucher sur des situations plus tendues et plus instables, comme celle qu’a connue la France à Paris et dans d’autres grandes villes, lors des émeutes de l’automne 2005. S’ils perdurent, les taux de croissance lents, les marchés du travail fortement réglementés et les modes de gestion du travail dans les entreprises brideront les opportunités d’emploi, et ce malgré la nécessité pour l'Europe d’enrayer le déclin de sa population en âge de travailler. Couplés avec des pratiques discriminatoires en matière d’emploi et des disparités en matière d’éducation, ces facteurs confineront probablement beaucoup de musulmans dans des activités peu valorisantes et de rémunération médiocre, creusant ainsi les clivages ethniques. Et en dépit d’une couche assez large de musulmans intégrés, un nombre de plus en plus grand d’entre eux — poussés par un sentiment d’aliénation et d’injustice — risque de choisir de vivre en vase clos, dans des quartiers aux cultures et pratiques religieuses spécifiquement musulmanes. Même si l’on ne doit guère s’attendre que les communautés immigrées obtiennent une représentation parlementaire suffisante pour influencer la politique intérieure ou la politique étrangère d’ici à 2025 (mais la question se pose à plus long terme), les problématiques relatives aux musulmans seront de plus en plus susceptibles de façonner la scène politique européenne. Il est donc essentiel que le gouvernement s'empare sans tarder de la question pour précéder cette évolution. J'ai bien apprécié cette intervention qui, une fois n'est pas coutume, ne s'embarrassait pas de considérations politiques et exposait de façon clinique la situation. Par ailleurs, j'ai aussi bien apprécié l'organisation de ce séminaire à Tallinn. Je vous mets en lien l'agence qui s'en est occupée, pour vous donner une idée de ce à quoi nous avons eu droit sur place... Davantage d'information est disponible sur le site de l'organisateur de ce séminaire entreprise en Estonie. Suivez le lien.

  • Droits des travailleuses et travailleurs migrants aux Emirats Arabes Unis

    L'année dernière encore, les travailleurs migrants, qui formaient l’immense majorité de la main-d’oeuvre dans le secteur privé aux Emirats Arabes Unis, étaient toujours en butte à l’exploitation et aux mauvais traitements. Ils restaient liés à leur employeur par le système de parrainage (kafala) et étaient privés des droits à la négociation collective. Les syndicats demeuraient interdits et les travailleurs étrangers qui participaient à des grèves risquaient l’expulsion et l’interdiction de revenir aux Émirats arabes unis pendant un an. La Loi fédérale n° 10 de 2017, limitant le temps de travail et prévoyant un repos hebdomadaire, 30 jours de congés payés annuels et le droit de conserver ses papiers d’identité, est entrée en vigueur en septembre. Ce texte semblait permettre aux salariés de rompre leur contrat si leur employeur ne respectait pas l’une de ses clauses, et précisait que les litiges seraient traités par des juridictions spécialisées ainsi que par les tribunaux. Néanmoins, les travailleurs demeuraient à la merci d’employeurs les accusant d’infractions définies en des termes trop vagues et généraux, telles que le fait de « ne pas avoir protégé les secrets de leur entreprise », passibles de peines pouvant aller jusqu’à 100 000 dirhams émiriens d’amende (27 225 dollars des États-Unis) ou six mois d’emprisonnement. En septembre, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale s’est déclaré préoccupé par le manque de suivi et d’application des mesures visant à protéger les travailleurs migrants, ainsi que par les obstacles auxquels ceux-ci étaient confrontés pour accéder à la justice, notamment leur réticence à déposer plainte par crainte de subir des conséquences négatives.

  • Un autre point de vue

    C'est important, de regarder depuis l'autre côté du bar. Ca permet souvent de voir des choses auxquelles on ne prête pas attention. Ca permet d'éviter de radoter des idées de pilier de bistrot. Et ça permet de voir que le serveur a tout intérêt à vous saouler, qu'il soit politicien, économiste, ou toute personne ayant à coeur de protéger son intérêt personnel, fût-ce au détriment de l'intérêt général et des générations futures.

    Si l'on se contente de regarder avec ses yeux de client, l'on ne voit qu'un serveur et un mur de boissons alcoolisées. Si l'on adopte un autre point de vue, on peut alors apercevoir Stanley Kubrick et tout son staff, derrière leur caméra et leurs perches à son. On peut alors s'apercevoir que tout, ici, n'est qu'écran de fumée et communication. 

    Alors asseyez-vous à mes côtés et regardons ensemble de l'autre côté du bar. C'est fou, le nombre de choses qu'on risque d'y trouver...