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De l'autre côté du bar

  • Le terrorisme et le voyageur

    Le Parlement visé, un policier britannique poignardé : décidément, Daesh aime viser les symboles. Ce dernier attentat n'est pas vraiment étonnant. Après tout, c'est tellement facile à mettre sur pied. Il y a quelques semaines, j'ai encore réalisé un voyage de groupe à Nantes, où j'ai abordé ce thème avec différentes personnes. Et dans l'ensemble, nous étions tous d'accord pour dire qu'il est pratiquement impossible de s'abriter de telles attaques. La coalition peut faire des ravages dans les rangs de Daesh en Syrie, ses équipements sont parfaitement impuissants quand elle doit empêcher une attaque de type « low cost ». Il n'y a qu'à voir l'attaque terroriste à Londres pour le réaliser : un mec fonce en bagnole sur des passants sur le pont de Westminster, puis entre dans le Parlement avec un couteau. L'issue ? Quatre morts et des dizaines de blessés. Comment pourrait-on échapper à une telle attaque ? Elle est en effet impossible à prévoir de la part des renseignements ! Les seuls composants de ce carnage, c'est en effet un homme seul, muni d'une arme blanche, et une voiture : le modus operandi est d'une simplicité redoutable. Les autorités peuvent détecter la menace de terroristes lorsqu'ils se procurent des armes de guerre ; mais que faire exactement quand il s'agit d'un couteau, que n'importe qui peut acheter dans n'importe quel magasin de chasse ? Oui, les attentats ont radicalement évolué en l'espace de deux ans. Exit, les attentats soigneusement arrangés comme ceux du vendredi 13, où il fallait au minimum des ceintures explosives. L'attentat de juillet dernier a montré qu'il était parfaitement possible pour les terroristes de faire aussi bien avec bien moins de moyens : il a de ce fait évolué du terrorisme organisé à un terrorisme « low cost » : et ce dernier représente à mon sens une menace encore plus grande de par sa nature imprévisible. A mes yeux, il faut vraiment nous habituer à lui, parce qu'il sera à l'évidence plus pénible à déraciner que l'Etat Islamique lui-même ! Sans quoi, j'ai bien apprécié ce voyage de groupe. Qui plus est, aucun exalté n'a tenté de rejoindre son dieu en emportant quelques innocents au passage ! Tenez, voici l'agence qui a planifié notre voyage, si vous souhaitez jeter un coup d'oeil ! Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du site sur cette expérience de voyage groupe à Nantes qui est très bien élaboré sur ce thème.

  • Le programme de porte-avions franco-britannique a échoué

    L’insertion au rapport public annuel 2014 de la Cour des comptes intitulée « la coopération franco-britannique en matière de porte-avions : une perte nette pour les finances publiques françaises » a décrit comment la France a engagé plus de 200 M€ dans cette coopération en pure perte depuis 2005 puisque le projet a été suspendu en 2008, la crise financière de l’époque ayant fortement influencé la décision, avant d’être abandonné. Ce montant correspond pour moitié à la contribution française au financement du porte-avions britannique, sorte de ticket d’entrée dans la coopération, et pour moitié, aux études réalisées en France, qui sont devenues caduques à la suite de l’abandon du projet Cet exemple illustre les inconvénients qu’il y a à participer à une coopération en matière d’armement lorsque le partage des risques et des avantages entre les partenaires ne sont pas équilibrés et lorsque les intérêts nationaux respectifs ne sont pas conciliables. En effet, les priorités britanniques, clairement exprimées dès 2005, que ce soit en termes de choix technique privilégiant le décollage court et l’atterrissage vertical ou en termes de marchés donnés aux industriels britanniques, rendaient l’échec de la coopération prévisible dès l’origine. L’argument, un temps mis en avant par les pouvoirs publics français, de rendre irréversible la construction du deuxième porte-avions grâce à une coopération internationale, n’a pas résisté aux arbitrages rendus dans le cadre de la préparation de la loi de programmation militaire 2009-2014.

  • Moderne Estonie

    A l'occasion d'un séminaire économique à Tallinn, la semaine dernière, un intervenant s'est penché sur la question de l'islam en Europe. Son intervention était une pure analyse sociologique, sans politique derrière. Et ce qu'il disait m'a paru très intéressant, car il tentait en fait de brosser un tableau de ce que serait l'islam en Europe à l'horizon 2025. Selon lui, si les schémas d’immigration actuels perdurent et si le taux de fécondité au-dessus de la moyenne des résidents musulmans se confirme, l’Europe de l’Ouest pourrait compter de 25 à 30 millions de musulmans à cette date. Les pays dont le nombre de musulmans va croissant enregistreront une mutation rapide de leur composition ethnique, en particulier autour des zones urbaines, ce qui compliquera leurs efforts d’assimilation et d’intégration. Les opportunités économiques seront certainement plus grandes dans les zones urbaines mais, sans accroissement des offres d’emplois, cette plus forte concentration pourrait déboucher sur des situations plus tendues et plus instables, comme celle qu’a connue la France à Paris et dans d’autres grandes villes, lors des émeutes de l’automne 2005. S’ils perdurent, les taux de croissance lents, les marchés du travail fortement réglementés et les modes de gestion du travail dans les entreprises brideront les opportunités d’emploi, et ce malgré la nécessité pour l'Europe d’enrayer le déclin de sa population en âge de travailler. Couplés avec des pratiques discriminatoires en matière d’emploi et des disparités en matière d’éducation, ces facteurs confineront probablement beaucoup de musulmans dans des activités peu valorisantes et de rémunération médiocre, creusant ainsi les clivages ethniques. Et en dépit d’une couche assez large de musulmans intégrés, un nombre de plus en plus grand d’entre eux — poussés par un sentiment d’aliénation et d’injustice — risque de choisir de vivre en vase clos, dans des quartiers aux cultures et pratiques religieuses spécifiquement musulmanes. Même si l’on ne doit guère s’attendre que les communautés immigrées obtiennent une représentation parlementaire suffisante pour influencer la politique intérieure ou la politique étrangère d’ici à 2025 (mais la question se pose à plus long terme), les problématiques relatives aux musulmans seront de plus en plus susceptibles de façonner la scène politique européenne. Il est donc essentiel que le gouvernement s'empare sans tarder de la question pour précéder cette évolution. J'ai bien apprécié cette intervention qui, une fois n'est pas coutume, ne s'embarrassait pas de considérations politiques et exposait de façon clinique la situation. Par ailleurs, j'ai aussi bien apprécié l'organisation de ce séminaire à Tallinn. Je vous mets en lien l'agence qui s'en est occupée, pour vous donner une idée de ce à quoi nous avons eu droit sur place... Davantage d'information est disponible sur le site de l'organisateur de ce séminaire entreprise en Estonie. Suivez le lien.